18 juillet 2007
Parfois, le chemin est long
Je suis un mec naïf... Machin me téléphone samedi midi et me demande si je vais au feu d'artifice. L'année dernière, j'étais déja à Paris le 14 Juillet, mais vu que je bossais le lendemain, je m'étais abstenu des festivités putrides qui accompagne cet évènement. J'avais d'ailleurs carrément zappé qu'on était un 14 juillet et j'ai eu un bref sursaut d'angoisse en arrivant sur la place de l'opéra occupée par des tanks. Pleins de pignoufs épatés par de telles prouesses technologiques se pressaient pour les visiter comme si ils étaient à l'aquasplash. Effarant... Donc cette années, enclin à aller toujours plus loin dans l'horreur, je répond à machin :
- Feu d'artifice ? Ouais pourquoi pas ! Par contre on se retrouve dans un coin calme où c'est pas trop la kermesse, moi je connais pas, donc je te laisse choisir.
- Disons qu'on a qu'à se retrouver station Bir-Hakem vers... 10 heures ?
- Ok. 10 heures Bir-Hakem. Tu me reconnaitras facilement, je brandirais un gigot d'agneau en chantant "Viens Poupoule viens" comme un forcené.
- Et moi je serais le seul européen au milieu d'un escadron de japonais
- Tu sais que je sais dire "steack" et "yaourt" en japonais ?
- C'est merveilleux mec, vous allez trop vous entendre !
Donc le rendez vous est pris. Après un diner avec une escouade de bomba que sont les amies de ma soeur, je m'esclipse un brin à contrecoeur et rejoint le trom'. Il fait approximativement 12 000 degrés dans la station. Je suis une énorme glande sudoripare (avec des jambes et un MP3). Sur les quais, les gens s'entassent dangereusement, des crétins (genre je porte des chaussures multisports en toutes circonstances) poussent au risque de faire tomber ceux de devant sur la voie. Des animals les gens ! Effrayant ! Plein de vieux blaireaux pètent un cable parce qu'il y a trop de monde autour d'eux, comme si c'était un truc totalement imprévisible qui leur tombait dessus, et jouent des épaules sans modération. Dans le train, ils fait 30 000 degrés, nous sommes des flamby purulents écrasés les uns contre les autres, on partage fraternellement nos effluves et fluides respectif. (N.B : et mon wagon réunit comme par hasard les plus gros perchés de Lutèce). Tout ça pendant une dizaine de station... Enjoy ! Quelle ne fut pas ma surprise lorsque le faciès écrabouillé par la vitre des portes automatiques dont j'ai éprouvé dans ma chaire qu'elles ouvrent et ferment avec une certaine violence, je constate que le train passe avec le plus grand des mépris la station Bir-Hakem sans s'arrêter. Station Dupleix, en s'ouvrant, la porte m'arrache un steack à la joue. Je l'emporte en souvenir en me disant que je pourrais peut-être le troquer contre des vivres ou une place sur un navire gagnant au plus tôt la nouvelle-Angleterre...
Bref... J'arrive enfin à Bir-Hakem et là, c'est le drame. Je pense a posteriori que c'était ce soir là le pire endroit de la planète pour fixer un rendez vous ce soir là. Y'a juste la moitié de l' île-de- France entassée sur un pont. Et y'a plein de jap' mais je trouve pas le lascars de deux mètres qui est censé dépasser du tas. Et en plus, j'ai pas amené de gigot. J'essais de le joindre mais tout le monde étant pendu à son téléphone, réseau complètement saturé. Et le feu d'artifice commence. Okay... Tant pis, je l'attend pas, et je me trouve un petit angle de vue vers le firmament coincé entre deux colonnes du métro aérien, le lampadaire, le gniard sur les épaules de son père, la vache et le prisonnier. Dure moitié trois plombe en fait... Je suis au milieu du pont coincé dans une foule compact. Le feu d'artifice se termine et chacun des individus en présence tente maintenant de se barrer simultanément dans une direction différente. D'où le carnage. Coincé dans le mêlé je reçois enfin un coup de fil de machin qui m'explique qu'il est de l'autre côté du pont, qu'il a rien vu et que de toute façon il se barre bicoz c'est la merde pour rentrer dans son bled de banlieue... Super... Je rentre à pied parce que les métro c'est juste du suicide... Encore plus super... Les flic barrent la moitié des rues... Je jubile...Les automobilistes exaspérés par tous ces piétons deviennent de dangereux psychomoteurs... Oh oui oh oui, juste là c'est bon...
Morale de l'histoire : plus jamais ça .
Sinon niveau taf, hier c'était un peu trash. De façon général, on est pas assez occupé, ce qui laisse trop de temps pour gamberger. Moi, la gamberge m'a toujours très modérément réussi. Du coup, j'ai le moral foncièrement en dent de scie ces derniers jours. Aujourd'hui ça partait pas mal, suffisament de taf, quelques moments sympa avec les collègues, ce qui effaçait la journée ultra pénible que j'avais passé la veille. Et puis en fin de journée, deux patients ont commencer à nous claquer dans les pince ce qui est bien mais pas top. Alors tu gères, tu fais ton taf, mais deux à suivre ça secoue un peu... J'avais bien aimé mon précédent taf de brancardier bicoz j'étais dans un service et que ça me permettait d'être vraiment avec les patients, de faire un peu connaissance et éventuellement de leur être d'un secours qu'on aurait pas soupçonné soi-même. Là, je les vois juste passer. Pas le temps de créer quoi que ce soit. C'est un peu frustrant dans la mesure où c'était de loin l'aspect que je préférait dans ce boulot qui sans ça, n'a rien de transcendant. Bon en même temps, j'y ferais pas de vieux os dans ce service. Le 31 août c'est finit, d'ailleurs, va falloir que je commence à me remuer les miches pour trouver autre chose à la sortie. Donc bon petite forme ce soir.
Dernière news, j'ai un collègue qui s'appelle Patrick et c'est génial parce que tous les matins, je peux dire "Salut Patrick" ( je sens que vous partagez pas mon enthousiasme, sachez quand même, pour votre gouvernante, qu'il s'agit d'un contrepet des plus intenses)
07 juillet 2007
La charité qui se fout de l'hopital
Longtemps, je me suis couché de bonne heure / hier maman est morte / aujourd'hui, dans les jardins du Luxembourg, aucun piaf ne m'a chié dessus... (ouais je travail l'incipit en ce moment !)
Fin de ma première semaine dans l'unité de radiologie du marveulouss' hopital *****. Bon ça se confirme, ça risque de pas mal glander cet été. Les gens sont cools mais les journées sont longuettes. Je vais dire un peu du mal parce que j'aime bien et qu'on parle pas des trains qui arrivent à l'heure. De temps en temps on m'appelle pour aider à installer un patient sur la table. Faut savoir que cet hopital figure dans le top des patients les plus bousillés de l'île-de-France. Pas toujours évident d'installer ou de désabiller un patient qui est bloqué et douloureux de partout mais on se démerde. Certains sont tunés des pieds à la tête. Des prothèses aux hanches, aux genous, tout le long de la colonne et partout où il y a de la place. Sur les clichés tu vois des clous qui dépassent de partout, des colonnes vertébrales qui font des S pas possibles. Des trucs dingues, à tel point qu'à chaque fois que je sors du boulot, je suis presque surpris de croiser tant de gens avec des corps en bon état. Le truc qui me fait "marrer" à chaque fois, c'est que les manips s'extasient sur leurs clichés quand ils sont bien réussis, même si il s'agit de mettre en évidence la présence d'une trentaine de métastases dans les poumons d'une gamine de huit ans. Ils font leur boulot bien sur, mais bon... je sais pas...
Dans le dernier post, j'évoquais la connerie abyssale d'un radiologue. Bon, j'admet j'ai été un peu prompt à le traiter de con mais voici l'épisode qui m'a conduit à cette première impression. On installe un patient sur la table de scanner. Le toubib participe à la manoeuvre. Dans la bataille, il se tord un doigt. ça arrive, ça peut faire mal mais y'a peut-être pas non plus de quoi en chier une pendule ( ça, ça ferait vraiment mal ! ). Et le mec se met à gueuler, à râler, je souffre tant, oh mon dieu pourquoi m'as-tu abandonné etc... Le monde s'arrête de tourner un moment jusqu'à ce qu'il ait bien focalisé l'attention de tous le monde sur lui. Ensuite, il joue les para de retour de Saïgon, le mec qui encaisse quoi qu'il arrive. De toute façon pas le choix, il a rien de grave. On va pas l'hospitaliser ! Plein d'une nouvelle dignitée, sois sage ma douleur et tiens toi tranquille, le monde recommence à tourner. Pendant qu'il se livrait à son petit spectacle, sur la table du scan se tordait en grimaçant un patient atteint de sclérose en plaque, qui négociait, lui, avec des douleurs digne de ce nom (sclérose en plaque. Si il y'en a qui savent pas trop à quoi ça correspond exactement, sachez en gros que c'est une maladie qui vous ronge le système nerveux central, autrement dit, ça pique vachement). Alors évidemment, je mets pas en doute que le toubib en question se soit fais vraiment mal, mais le manque de pudeur qui a suivi et cette façon de dérober l'attention de l'assistance pour le patient à son profit m'ont semblé très discutables. Evidemment, ceci ne doit pas exclure le fait que la large majorité de collègues est attachante, j'apprend plein de trucs d'un point de vue autant médical qu'humain, puisque je fréquente des gens très différents de moi.
Sinon, je suis amoureux de la secrétaire que personne peut blairer, faut dire, je lui ai pas adressé la parole, c'est peut-être ça la clé.
PS : Hier soir, ma soeur chez qui je crèche, une élégante styliste from Paris, m'a dit " Putain, t'es là depuis une semaine et voilà, je me trouve en train de bouffer des rillettes en regardant Koh-Lanta ! ". Plus tard elle a zappé et est resté collé un bon quart d'heure sur le catch américain et c'était même pas de ma faute. Sic transit gloria mundi...
re-PS : Non les blaireaudes je ne renoncerais jamais à la télévision, dussé-je en patir des pires façon en ce bas-monde (d'autant plus que cet télé est pas la mienne ! )
02 juillet 2007
Vive les vacances
Suite a une agression caractérisée menée de concert par Thelma et Louise, me v’la contraint de révéler sept vérités cruciales me concernant. Sur ce, en voiture Sigmund, à la Delon :
1) Szuip est complexé d’avoir 25 ans et de pas avoir encore un job stable, un appart, une femelle à inséminer (le samedi soir uniquement, après l’émission de Patrick Sébastien) et à emmener en grandes pompes à la pizzeria pour soirée romantique financé par tickets-resto. On n’a pas besoin de choisir quand on a l’héroïne… Or je ne l’ai pas.
2) Szuip sait donner dans l’autodérision car il a tellement peur du ridicule qu’il préfère pouvoir le maîtriser (Il sait se faire passer pour modeste mais est doté d’un ego de la taille de Demis Roussos). Quand il voit un zurluberlu quelconque faire un bide à la télé, il zappe systématiquement car ça le met mal à l’aise.
3) Szuip, à l’époque où il découvrait la cigarette qui fait rire et écoutait du punk, s’est fait des pics sur la tête. Quand il a compris qu’il lui faudrait, pour entretenir tout ce merdier, passer trois quart d’heure dans sa salle de bain, trois pots de gels, et ce, chaque jour, il a analysé le tout et conclu que tout ça n’était dans le fond pas très punk. Donc, trois jours plus tard seulement, fin des pics sur la tête. Conclusion : un punk avec une crête impeccable et tout l’attirail est un minet refoulé.
4) Szuip a peur : des série allemandes à la télé, du orange, des chiens, des napperons en dentelle, de ceux qui kiffent Calogero, de son téléphone.
5) Szuip a des difficultés avec les gens qui sont prêt à tout pour éviter un instant de silence.
6) Quand on lui dit : « Je te le dis à toi mais tu ne le répètes à personne », Szuip un des seuls cons à suivre cette indication. Il est plutôt secret et ne se livre éventuellement que sur son blog dont il sait que ses proches ignorent l’existence, et qu’il n’aura vraisemblablement jamais directement affaire aux lecteurs.
7) Szuip fantasme sur les charretières en robe du soir. (attention, charretière n’implique pas débile. Ne dois pas même !).
Voila, alors maintenant je dois inviter sept personnes à faire de même sur leur blogs sachant que tous les blogs que je fréquente avec assiduité on déjà été sollicités. Donc, je pourrais chercher des heures, mais je dois avouer que ça me soule.
Voila... Sinon j'ai repris le boulot dans un hopital parisien où j'ai déja un palmarès. Je travaille bulle en radiologie. Y'a pas grand chose à faire et franchement pour une telle activitée le smic c'est Byzance. Mon taf consiste principalement à être assis et à attendre qu'un manip' arrive paniqué en hurlant : "Vite, vite ! J'ai besoin de trois personnes pour m'aider à déplacer un trombonne !" L'ultra-planque, mais bon j'ai un peu peur de vite tourner en rond du coup, on verra. Ultra planque cela dit une vioque a failli me faire caca dessus... C'est fourbe les vieux, ça essaye toujours de faire caca sur le monde (Holden Caulfield à la petite semaine !) Le temps s'écoule lentement, on a bien le temps d'observer. Je muri déja un post assassin contre un jeune radiologue qui semble être un personnage des plus vils et des plus odieux (un gros batard d'sa reum' en d'autres termes).
